Vous avez, comme nous, entamé cet été une relation épistolaire intense avec le service prévention (qui a fort à faire et auquel nous apportons notre soutien !) : aux « Vigilance canicule JAUNE » ont répondu les « Vigilance canicule ORANGE », puis les « Vigilance canicule ROUGE » et ainsi de suite… Depuis mai, les vagues de chaleur s’enchainent et mettent les écosystèmes et les activités humaines à rude épreuve : de mai à juillet, la France a été le pays où l’anomalie de température a été la plus élevée au monde. Corollaire, la saison des mégafeux a battu tous les records, et la sécheresse est d’ores et déjà déjà historique…
“Qui aurait pu prédire ?”
Rien de surprenant, nous direz-vous. Depuis au moins 36 ans et le premier rapport du GIEC, les scientifiques alertent sur les impacts du changement climatique causé par nos activités : en 2021, par exemple, le 1er volet du 6ème rapport d’évaluation du GIEC soulignait : « Il est incontestable que les activités humaines sont à l’origine du changement climatique, qui rend les phénomènes climatiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur, les fortes précipitations et les sécheresses, plus fréquents et plus graves.«
Et pourtant… Pourtant, le traitement médiatique et politique de la séquence est hallucinant, sur l’air de « qui aurait pu prédire ».
On a pu entendre, successivement, sur TMC dans Quotidien le 24 juin, que tout le monde était égal face à la chaleur – alors que les inégalités sociales sont aussi des inégalités climatiques et que les plus pauvres sont les premier·ères touché·es ; sur BFMTV le 26 juin, que la situation était de la faute des scientifiques qui n’avaient « pas été très convaincant·es » et avaient manqué de « pédagogie » (tiens, soudainement, iels n’étaient plus « idéologues », « militant·es » ou « catastrophistes » ?), ou encore que tout l’enjeu de l’adaptation se résumait à la généralisation de la climatisation (la ministre de la transition écologique a même été raillée quand elle a osé dire que ce n’était pas la clim’ qui empêcherait les feux de forêts…).
La palme du cadrage le plus à côté de la plaque revient peut-être au Figaro, qui, le 3 août, titrait à la Une « L’été consacre la faillite de l’écologisme politique« . Comme s’il ne consacrait pas plutôt, au hasard, la faillite d’un modèle économique fondé sur l’accumulation du capital et une croissance infinie, impossible sur une planète aux ressources limitées…
Le Medef, de son côté, déplorait en juin que le pays « tourne au ralenti », le Gouvernement, s’inquiétant de l’impact des canicules sur les déficits, s’empressait de poursuivre son austérité, en rabotant encore le Fonds Vert et les services publics…
Un combat pour la justice sociale et environnementale
Pour nous, c’est tout vu : le combat écologique, pour la justice sociale et environnementale, est un combat syndical ; c’est pour ça que Solidaires se bat pour une transformation en profondeur des systèmes de production et de consommation et développe une écologie pour et par les travailleuses et les travailleurs.
Face à la situation que nous vivons, le débat ne peut se cantonner à celui du climatiseur ou à la responsabilité individuelle. Au fond, nous ne crevons pas de chaud parce que nous sommes trop habillé·es ou parce que nous n’avons pas assez bu d’eau ! Nous crevons de chaud parce que les pouvoirs publics n’ont pas pris au sérieux les alertes des scientifiques et n’ont rien fait pour protéger le plus grand nombre. Il est urgent que les politiques mettent en place une véritable politique écologique protectrice !
Les vagues de chaleur ont un impact concret sur le travail, notamment pour celleux qui exercent des travaux physiques, en extérieur ou dans des intérieurs surchauffés (travaux d’entretien des bâtiments ou des espaces verts, cuisines…), mais aussi dans les bureaux : des températures supérieures à 35°C ont été relevées dans le bâtiment Reflets, vitrine bling-bling de l’open-space et du flex-office (là aussi, « qui aurait pu prédire? »).
Les vagues de chaleur ont aussi un impact sur l’organisation personnelle et professionnelle des agents les plus vulnérables, ou qui accompagnent un·e proche vulnérable, ou qui ont des enfants qui ne peuvent plus être accueilli·es à l’école…
Et à SUD-Solidaires, on propose quoi face aux vagues de chaleur ?
Nos revendications partent d’une exigence : quand il fait trop chaud, le travail doit s’arrêter. Et c’est seulement quand les employeurs verront leur activité stoppée en période de canicule qu’ils s’attelleront à prendre des mesures structurelles pour adapter les conditions de travail et lutter contre le dérèglement climatique.
Parmi nos revendications, figurent notamment :
– la définition dans la loi et les conventions collectives de températures minimales et maximales de travail, selon le type d’activité, les postes de travail et les conditions climatiques ;
– des autorisations d’absences sans retenue de salaire lors d’évènements climatiques violents (le « congé climatique », à la main des salarié·es, comme en Espagne) ;
Et avant tout, nous rappelons qu’au delà de l’adaptation au changement climatique, il faut d’urgence prendre des mesures pour freiner ce dérèglement, en premier lieu en reconvertissant les entreprises, les activités et les énergies émettrices de gaz à effet de serre.
A bon entendeur, à bonne entendeuse, salut !
Retrouvez nos revendications et le rappel de vos droits dans notre fiche-outils « Il fait trop chaud au boulot, on fait quoi ?”

www.solidaires.org/ressources/fiche-outils-n27-il-fait-trop-chaud-au-boulot-on-fait-quoi/





